Jeudi 17 mai 2012
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Couverture Jan Mlodozeniec
La maison d'édition polonaise Dwie
Syostry est de celles que j'ai à l'oeil depuis une foule d'années. Ses publications ont une tonalité énergique, son catalogue explore des espaces réjouissants. D.E.S.I.G.N devrait me parvenir bientôt par voie postale. Si je m'écoutais, j'ajouterais à mon panier l'album Cyrk, recueil d'affiches polonaises sur le cirque. Les affiches polonaises sont, selon moi, le modèle du genre. Ni policées, ni
académiques, j'aime leur coté âpre, sauvage, mastoc. Une leçon magistrale à laquelle je réfère souvent. Ma vision de la discipline en est à jamais déformée/formée, tout dépend de l'angle de
vue.
Délicat de définir un style. L'affiche polonaise sort des rails. Sauvée du conformisme grâce à toute
absence de pression commerciale, elle est restée sur le terrain de l'imaginaire, de l'émotion, de l'histoire, du dessin et de l'art.
Dès le 19ème siècle, l'affiche est un art à part entière. Dans les écoles d'art, à Cracovie, à Lwow, elle
est reconnue et d'une certaine manière institutionnalisée. Les affichistes polonais connaissent un succès international pendant l'entre-deux-guerres. Puis, bizarrement, ils continuent d'occuper
une place de choix après la Seconde Guerre Mondiale. La domination soviétique les protègent d'impératifs économique, publicitaires tout en garantissant la liberté de création et d'imagination. La
propagande a besoin d'une imagerie collective et publique louant la beauté du socialisme. Ceux qui résistent et désapprouvent le font dans les caves. A Cracovie, la vie artistique underground est
alors incroyablement féconde. En marge. Réflexe naturel, les contraintes et les freins libèrent la créativité et poussent à la transgression. On va plus loin, on pousse les murs. L'affiche, au
lieu de vaciller, prend de l'épaisseur.
Aujourd'hui, on continue d'étudier l'affiche aux Beaux-Arts, on continue de peindre, de dessiner, de
crayonner, de fabriquer des petites affiches puissantes, personnelles, indépendantes. Hors des règles du marché. Ceci explique cela, affirme Krzysztof Dydo, fondateur de la Galerie de l'Affiche de Cracovie.
Maciej Urbaniec
Waldemar Swierzy
Jan Mlodozeniech
Jerzy Czerniawski
Qui a dit... ?