Sur mon pense-bête, le récit d'une rencontre attendait son heure. Aujourd'hui, c'est l'heure. Cette rencontre a à voir avec le temps qui passe, les années qui finissent et celles qui commencent...
Nathalie Le Bellec est collectrice de mémoire. J'ai imaginé que les choses se déroulent ainsi : elle s'assoit près de vous, ou en face, la conversation s'amorce, naturellement, et elle, mine de rien, elle écoute intensément. Elle accompagne la parole. Elle appuie sur un mot, elle rebondit, elle donne du souffle, elle chatouille. Mine de rien. Nathalie Le Bellec collecte donc les récits, les souvenirs, les racontars, les faits et gestes, les images, les avant, les hier. Afin que le passé s'inscrive dans le présent et dans l'avenir. Afin qu'à partir des traces du passé, des pistes se dessinent pour le futur et et que l'inventaire livrent des clés pour mieux comprendre qui nous sommes. C'est certainement le sens de son travail singulier. Travail qu'elle décrit et explique sur son blog.
Quand elle fait un saut dans la boutique, je me déguise en marchande et je chaparde des bribes de mémoire de la collectrice de mémoire, comme ça, mine de rien. Parce que ce métier pique la curiosité, qu'il est vivifiant et témoigne du danger à mettre son mouchoir sur le passé, impunément. Comme si, avant, rien n'avait été.