Quand il est tombé, nous avons donc été bouleversés. Bouleversés, car l''Histoire nous touchait. Bouleversés et animés d'une irrésistible envie d'y aller. C'était impératif, impossible d'attendre ongtemps. Pourvu qu'ils n'aient touché à rien...
L'avenue Unter den Linden était ouverte, il me fallait y marcher et entrer dans la cour de la bibliothèque,m'asseoir en face de la fontaine dont parlait Christa Wolf, dans une littérature si ardue. Faire un détour jusqu'au Berliner Ensemble et avoir une pensée pour Brecht, monstre sacré. Photographier une Trabant et les pans du mur laissés pour mémoire. Espérer croiser Bruno Ganz - un rêve de midinette. Acheter le scénario des Ailes du Désir et faire semblant de tout comprendre. Ne plus décolérer, jamais, au souvenir de ce berlinois de l'Est abattu moins d'un mois avant la chute. Assister à la traversée des caddies, dans Zoologischer Garten, d'Est en Ouest. Se demander ce qui allait naître des ruines laissées en l'état depuis 1961. Pendant ce voyage au coeur de ma mythologie personnelle, je n'ai d'yeux que pour l'Est. Ce n'était que clichés, mais c'était à peu près la vraie vie.

Heera Yang
Atelier Velvet etc
Midi 12
Les Chiffons d'Alice
L'Insupportable Stef








Qui a dit... ?